( 1 mai, 2008 )

Science fiction économique à l’Elysée

Si l’on raisonne d’un point de vue purement financier, la mesure de la création de richesse d’un pays est inscrite dans la croissance du PIB ou produit intérieur Brut. En France c’est la consommation des ménages qui assure pour 80 % cette croissance. La situation d’inflation actuelle et à venir  va vraisemblablement rogner le pouvoir d’achat du consommateur vivant en France. Selon le rapport consommation/croissance l’évidence parait claire. Le gain ou la perte  de   croissance est donc à considérer du point de vue de la « demande ».  Pour cette raison, les politiques keynésiennes malgré les critiques des libéraux  restent incontestablement un parachute en situation de dépression économique. La politique du New deal de F.D ROOSVELT en 1932 illustre assez l’action de l’état en la matière. En effet, celui ci  joue le rôle d’un agent économique, consommateur de la production du Pays en cas de ralentissement.  En pratiquant l’allocation de ressources (dans les activités les plus utiles) par la dépense budgétaire il préserve un certain niveau de consommation et donc de croissance. Encadrés par Bruxelles, les pays membres ne peuvent cependant  excéder 3 % du PIB (Adhésion au pacte de stabilité et de croissance).

En France, Nicolas Sarkozy  a fait le choix de réduire les charges qui pèsent sur les entreprises espérant attirer les capitaux ou tout au moins les retenir. Dans son offre de paquet fiscale de l’ordre de 15 milliards d’euro à l’été 2007, c’est du côté de l’offre qu’il a inscrit sa politique économique. Le choc attendu n’a pas eu lieu et pour convaincre les « incrédules », le politique rassure : Les effets, se révèlent dans la durée. A l ‘épreuve de l’histoire justement, quelles politiques ont elles réussies ?

JB SAY assurait déjà dans sa loi des débouchés que l’offre créait sa propre demande. Pourtant nous pouvons  tous imaginer le résultat de la surproduction et  nous connaissons tous l’ampleur de la crise de 1929 lié à une abondance de tout. Les  trente glorieuses qui se sont étendues à la sortie de la deuxième guerre mondiale jusqu’au premier choc pétrolier en 1973, lorsqu’il fallait tout reconstruire et justifiait alors une production de masse, resteront d’une exceptionnelle croissance économique. L’amnésie qui nous condamne parfois  à  répéter les erreurs du passé n’explique pas la situation présente. Elle n’excuse surtout  pas la volonté du gouvernement de transférer les fonds du citoyen pauvre  vers le plus riche, du plus bas vers le plus haut. Cette politique  sortant de son contexte, ne pouvait pas fonctionner !  Pourquoi ? Question de bon sens !

Mettre des produits en vitrine n’a jamais assuré au commerçant  la réussite commerciale si le public pour lequel il souhaite les vendre n’a pas l’argent pour les acheter.

Le gouvernement spécialiste de la « communication », beaucoup plus  que des réalités économiques à joué sur l’illusion et l’effet d’annonce ! La réalité, qu’elle-est-elle finalement ?

D’abord le rapport qu’entretiennent dans les faits consommation des ménages et croissance. Ensuite parce que l’investissement du capital (et peut être la croissance !?) un des facteurs de production, obéit à de  multiples variables. Nous pouvons citer la rentabilité financière, la productivité, le niveau d’inflation, la qualité des  institutions publiques, le niveau de recherche et développement du pays et à l’importance que ce dernier accorde aux connaissances, à l’instruction des hommes et femmes, le savoir faire et des compétences, le risque politique.la perception du consommateur sur la situation économique globale, plus précisément sa confiance qui est devenue depuis 21 ans (1987) un élément important de la réflexion économique et enfin son pouvoir d’achat. La fiscalité de l’entreprise n’explique donc pas à elle seule l’arrivée ou le départ des capitaux dans un pays. Capter l’épargne ou les fonds étrangers (IDE), nous pouvons le comprendre, s’inscrit dans une réflexion qui agrège différentes  données. La réduire aux taux de pression fiscale se révèle d’une insuffisance manifeste. L’Etat à travers ses pratiques à finalement creusé le trou du déficit par une politique fiscale capitaliste accommodante sans retrouver le chemin de la croissance. Les recettes attendues n’ont pas été au rendez vous. Là où le gouvernement attendait un choc d’offre c’est la crise de confiance qu’il rencontre. Plus compromettant, Bercy a perdu l’instrument de relance, et cherche désormais du côté de la rigueur. Exclue du vocabulaire du ministère de l’économie, il s’agit pourtant bien d’une réalité. Au delà du discours, de la politique de communication, de l’illusionnisme de droite il y a des politiques, des projets et des actions qui révèlent de toute évidence  leur véritable nature.

                                                                                                                                                  Driss.B

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