( 17 mars, 2009 )

VERS UN AUTRE MONDE

L’effondrement du bloc soviétique a accompagné dans sa chute celui de la planification de l’économie par l’état. Le capitalisme, fondé sur la propriété privée et l’état de droit, s’est imposé comme modèle économique. Ce dernier est à l’origine de la création de richesse de nombreuses nations. Aux pays développés de l’Amérique du nord, de l’Europe et du Pacifique se sont joints les nouveaux pays industrialisés. Le laisser faire, laisser passer distribuant les ressources dans les activités créant des richesses s’est imposé comme principe d’allocation optimale. Manifestement la rationalité analysée par Max Weber comme facteur de progrès butent sur des limites ignorées. Le « système » n’a pu échapper à une réalité d’abord sociale. Les sciences, dépassent difficilement les horizons. Si elles expliquent les faits, elles les anticipent rarement. Le monde trop complexe, composition de dimensions multiples et infinies dépasse un rationalisme fini. Le vivo échappe au vitro et autres modélisations par lesquels nous voudrions le représenter.

 

Le fanatisme de marché triomphant a conduit inévitablement à des épreuves difficiles de l’histoire économique et sociale. Les mesures de régulations qui se sont succédées pour juguler la crise systémique que la mondialisation à dispersé aux quatre coins du globe, nécessitent une réponse plus globale. Les programmes de relance principalement destinés à l’appareil de production se révèlent impuissants face aux origines sans doute sous estimées de la crise.

 

L’état providence souvent remis en cause, source de coûts et réduisant la compétitivité des entreprises jouent un rôle d’amortisseur social incontestable dans la période actuelle. Malgré cette « réussite » sociale, la cohésion se fragile.la « moyennisation » de la société paraissait nous faire oublier l’éternelle lutte des classes.
La France d’en bas, et de plus en plus, revendique une répartition plus « équitable » du revenu. De
la Guadeloupe, en passant par
la Martinique et pour revenir en métropole les tensions se ravivent et les antagonismes prennent du relief. La fin du travail, la crise de l’éducation, la famille détruite ou en recomposition, l’extrémisme religieux participent à une improbable régulation sociale. L’inégalité des chances trop forte et injuste poussent à la faute des individus déclassés, à la recherche d’un possible emploi et à un bonheur qu’ils croient atteindre et qui leur échappe sans cesse. Le lien social se rompt peu à peu.

 

L’économie entraine dans sa chute toutes les illusions, tous les espoirs et pousse la politique dans les cordes. Confronté à la maitrise budgétaire le pouvoir parie sur un retour rapide de la croissance. Communication, pédagogie et autres cosmétiques sont les réponses récurrentes du gouvernement distancé par des exigences légitimes du peuple. Les manifestations qui se multiplient marquent la distance profonde entre les défenseurs du capital et ceux qui rejettent l’orthodoxie de la performance et du calcul.

 

Les faits multiples obligent à imaginer des mesures nouvelles. La crise, dit on est un accélérateur du changement. Il semble en effet que l’on soit projeté par une catapulte d’un paradigme vers un autre. Après la dimension sociale de l’économie, une dimension écologique prolongera-t-elle le cycle de vie du capitalisme ?

 

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