( 27 mai, 2010 )

L’HORIZON ECONOMIQUE ET SOCIAL

Imaginons une planète dont les ressources ne peuvent assurer la survie qu’à 6,5 peut être 7 milliards d’individus. Comment alors subvenir au besoin de 9 à 10 milliards de personnes à l’horizon 2050 ? Quelles pourraient être les conséquences d’un tel événement lorsqu’il surviendra ? 

Les ressources rares 

Dans un monde aux ressources abondantes, peu importe la loi de croissance démographique. Or dans celui qui est le notre, il est utile de se poser de telles questions, d’économiser et de compter. Au bout du compte comment partager  la richesse qu’une économie arrive à créer ? Comment être juste ? 

Si la période actuelle souffre peu de la répartition inégale des ressources, quelles réactions pourraient se produire dans un environnement aux compétitions plus exacerbées, lorsque la croissance économique ne permettra plus aux plus pauvres de rattraper les plus riches et quand un sentiment d’exclusion l’emportera ? Ainsi pouvons-nous appréhender la problématique économique dans sa dimension sociale et sa question morale, dans son projet de collaboration. 

La cohésion sociale 

Tout au long de l’histoire occidentale la principale interrogation se posait dans la construction de la protection sociale. A quels indigents accorder des ressources de substitution, à quels autres la refuser. Si l’on ne peut encore parler d’égalité de tous face au perspective de vie, tout au moins nous rapprochons nous d’une justice sociale et de la construction d’un idéal égalitaire. Le chemin à parcourir ne nous a pas encore permis de réaliser une justice totale et d’achever le progrès nivelant les statuts sociaux pour l’égalité des places. Il se poursuit sur de nombreuses questions à l’intérieure des frontières mais également au delà. Le problème de l’eau, de l’alimentation ou du pétrole dans certaines régions du monde est au cœur de conflits récurrents. Nous le retrouvons entre les paysans et les grandes entreprises de l’agroalimentaire, entre le sud et le nord entre le riche et le pauvre, entre le fils d’ouvrier et l’héritier à l’école. Quelles formes ces antagonismes relèveront-ils dans une cinquantaine d’année lorsque l’explosion démographique rendra probablement plus violent le partage des ressources. Comment se passer de  l’énergie, la principale source de croissance  économique ? De l’eau ?de l’air ? Du travail ? 

La politique économique au secours ou contre le sociale ? 

La résolution des tensions sociales est au cœur de L’antagonisme politique qui cherche à résoudre l’éternelle question de la richesse et de sa répartition. Chacun avançant un modèle de société contre un autre. 

Pour Le socialisme naissant,  la propriété est au cœur de la lutte de classe, bien avant Marx, Proudhon critique la révolution de 1789 ayant laissé subsister le privilège de la propriété comme la source de clivage entre les citoyens et de l’égalité qui reste inachevée.  Celui-ci structurera dès la naissance du capitalisme les oppositions entre les  détenteurs du capital et ceux n’offrant que la force de travail. Pour l’auteur du capital, Karl Marx,  La stratification sociale et donc les inégalités s’expliquent par la détention ou non d’un patrimoine. Ainsi le capital demeurera pour longtemps au cœur des antagonismes sociaux,  comme le foyer d’une éternelle lutte des classes et constituera le fondement du clivage politique. 

  

A l’opposé, Le libéralisme avance la revendication à la propriété privée sur fond d’un individualisme trouvant ses sources dans les années récentes de l’histoire sociale. L’égalité libérale des chances aménage le principe méritocratique accepté par le plus grands nombre comme l’horizon de la justice sociale. Cette appréciation, n’est qu’une fiction nous dit François DUBET. A regarder de plus près, et dépassant l’explication de Proudhon sur  les inégalités, il semble que de nouveaux facteurs soient au centre de la stratification sociale. 

 L’inégalité des chances 

L’école, le meilleur des mondes, dans laquelle demeurait un quelconque espoir de promotion sociale est décrédibilisé par l’entretien des différences de positions occupées par les « héritiers ». Elle constituerait un accélérateur plus qu’un atténuateur des inégalités. La rigidité plus que la mobilité sociale semble se justifier au regard des faits sociaux. Même la réussite des enfants de classe populaire se heurte à la valorisation de leurs diplômes sur le marché du travail. La professionnalisation n’est en fin de compte qu’une activation du réseau sociale reléguant ceux qui en sont dépourvus, les enfants des classes populaires. Les quotas imposant 30 % d’élèves boursiers dans les grandes écoles ne semble être finalement qu’un nouvel éclat de  communication derrière laquelle se cache une impuissance à résoudre la priorité de la question sociale et de son équité. Après la justice sociale en question, vient la question de la justice civile. Est ce tout ? Hélas non ! 

Coopérations ou Compétitions internationales ? 

La vie politique ne se limite pas aux seuls éléments de contingences nationales. Au delà des frontières se jouent d’autres antagonismes tous aussi contraignants pour elle. Aux conséquences certaines.  La mondialisation qui intègre les économies à l’échelle de la planète impose une gouvernance mondiale que beaucoup attendent et que leurs opposants redoutent. De la société des nations à la construction des différentes institutions mondiales et des ONG, il se poursuit  une dilution du pouvoir et de la souveraineté des états. L’adhésion à des traités et les différents accords internationaux constituent de nouveaux cadres de  l’action : Le traité  de Maastricht pour les pays membres de l’UE impose aux politiques des contraintes budgétaires. Le principe de la nation la plus favorisée dans les échanges internationaux à ceux ayant adhérés à l’OMC, empêchent l’arbitraire et la discrimination entre les nations dans le domaine économique. Mais la construction est fragile. La ratification du traite de non prolifération limite quelque peu le stock officiel mondial d’armes nucléaires. Les règles acceptées par les acteurs ne se suffisent pas à elles-mêmes, l’absence d’institution politique d’envergure  mondiale marque les limites de l’ambition du bien économique commun. Dans ce jeu des acteurs, les gains des uns se traduisent par les pertes des autres 

 La concurrence demeure comme la force dominante dans les échanges entre  les différentes nations. La lutte contre le réchauffement climatique, contre la faim dans le monde ou le terrorisme sont autant de points de divergence qui incite à la prudence dans la croyance naïve à la collaboration. De même, les politiques fiscales de chaque pays se construit dans l’objectif de devenir le plus grand réservoir de la finance mondiale ou dans celui d’améliorer la compétitivité des entreprises nationales face à  la vague venue de l’empire du milieu avalant tout sur son passage. Le développement durable sous la contrainte économique restera- t- il un rêve inaccessible, une barrière infranchissable ? Finalement, sur quel horizon social, politique et économique poursuivre la  civilisation ? 

 

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