( 2 juin, 2010 )

LA CRISE DE L’ETAT PROVIDENCE ET LA GLOBALISATION

L’état providence peut être définit par l’ensemble des institutions sociales prenant en charge les risques sociaux, tels que le chômage, la maladie, la vieillesse.

Les organismes de sécurité sociale sont l’une des institutions qui couvrent certains de ces risques.

Le système de couvertures sociales  s’est construit au lendemain de la deuxième guerre mondiale. Dans un environnement économique favorable, le projet disposait de mesures financières généreuses. Nous pouvons distinguer deux grands modèles de protection sociale. Le système « bismarckien  » lié au travail et du droit qui en découle. Le système « Beveridgien »  ensuite qui, lui est  fondé sur la solidarité nationale. En France, le système emprunte aux deux premiers pour déterminer une protection hybride. Lorsque l’individu sort des droits, l’état le couvre par des minima sociaux (RSA, AAH, Minimum vieillesse et biens d’autres).

Depuis la fin de la croissance, la protection sociale alimentée par les recettes fiscales, est en crise. La démographie joue également pour beaucoup. Une population vieillissante caractérisée par le papy boom et un marché de l’emploi insuffisant creusent le déficit de la branche vieillesse et rend nécessaire une adoption de réformes. Dans une approche libérale du projet de coopération sociale, Le « welfare state«   laisse peu à peu la place au « Workfare state ». De l’assistance nous passons à une responsabilisation des bénéficiaires des revenus de substitutions. L’état attend en effet l’engagement  dans une démarche active en contrepartie de ressources financières de substitutions qu’il met à la disposition de l’individu inemployé. Dans l’ère  individualiste où nous sommes, le plus souvent l’exclu stigmatisé, est considéré comme responsable  de son échec. On entend ici et là une suspicion qui condamne la paresse, la pauvreté et  toutes les conséquences que l’organisation sociale produit pourtant. Cette remise en cause de l’organisation sociale et ses limites  est manifestement à mettre en perspective dans un espace où  les frontières s’effondrent.

A l’arrière fond se joue en effet l’influence de l’économie globalisée. Celle des marchés, la plus caractéristique des événements récents, jouant au yoyo entre l’effondrement des cours et leur reprise. Dans les plans massifs de soutien aux défaillances   souveraines on croyait conjurer le sort du flux et reflux de la vague financière. Une  légère reprise laisse soudain la place  à un effondrement possible.les marchés fous, ridiculisant les gouvernements, spéculent sur tous les fronts. A la baisse, à la hausse peut importe. Tout est dans le gain. Immédiat de toutes évidences. La finance parait sans morale. Elle l’est !

Croire seulement à cela serait pourtant faire une erreur de jugement. L’éternel va et vient entre l’équilibre et la rupture nous dit autre chose. Les marchés ont parfois raison. On peut le nier, mais en partie seulement. Le prix de toutes choses est l’agrégation d’une multitude d’informations : le nombre d’acheteur, celui des vendeurs. La rareté du produit, la situation du marché, la concurrence exacerbée ou non et les croyances que les agents rationnels se font de toutes formes de données et de leurs perspectives. Vraies ou fausses. Qu’importe, la prophétie auto réalisatrice se joue de toutes les analyses .Rationnelles ? De même le cours de bourses de toutes actions, de tous produits reflète chacun les évolutions probables ou plus folles ramenées à aujourd’hui. La bourse opère une actualisation du prix, de demain à aujourd’hui .Sans oublier le passé. Dans ce retour permanent  vers le futur, que penser du  cours  de l’euro ?

Manifestement,  la principale information qui concentre toutes les autres, c’est la croissance de la zone. Les perspectives sont insuffisantes pour ramener les données macro économiques au vert.les voyants restent désespérément rouges. Pour prendre de l’altitude, la montgolfière jette ses poches de sables.les états dégraissent. Ainsi s’impose un chantier de grandes réformes et d’austérité. En vain ! Les agences de notations guettent le moindre indice, les mesures de rigueur n’augurent en rien le retour à la croissance. La note accordée se dégrade emportant avec elle les maigres espoirs de croissance.

A l’heure où les mesures contra cyclique se font le plus utiles, les chefs d’états de la plupart des pays mettent un nouveau tour de vis.

Doit-on faire le reproche de telles initiatives ? D’un certain point de vue la réforme est utile. Elle permet de corriger les erreurs du passé non à les répéter. » Errare humanum est, perseverare diabolicum« . 

Si cette révision est nécessaire, elle n’autorise pas le fanatisme.Tel est l’enjeu et le grand challenge des pays dont la générosité et la solidarité est remise en cause par l’intégration des économies à l’échelle du globe. John Nash célèbre mathématicien  auteur de la théorie des équilibres nous enseigne que sur une grande échelle de jeux les pertes et les gains se compensent. Si l’occident à dominé sur une longue période  les échanges commerciaux, la situation actuelle n’est-elle pas finalement un retour à l’équilibre ? le come back des pays absents jusqu’ici du terrain de jeu ? celui des oubliés de la croissance et du développement  au rôle d’acteur économique plus influent ?

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