( 11 novembre, 2010 )

LA TYRANIE DU POUVOIR

Les évènements récents de l’actualité sociale nous emmènent à réfléchir sur le régime politique démocratique et de sa légitimité. La démocratie est le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple nous dit A.LINCOLN. L’horizon de la démocratie est l’égalité, précise TOCQUEVILLE. Enfin la  séparation des pouvoirs est le principe fondateur d’un régime politique démocratique pour Montesquieu dans «  de l’esprit des lois ». L’actualité met à mal tous ces idéaux sur lesquels le régime politique hérité de la révolution française s’est construit. L’idéal égalitaire républicain procèderait-il d’un rêve inaccessible ? Ne serait-il pas un instrument de domination ?

L’élection présidentielle et législative si elle donne une majorité, n’en demeure pas moins relative. Elle n’est de plus  que le résultat d’un sentiment ponctuel des électeurs et ne justifie en aucune manière la légitimité sur la durée. C’est là que demeure la critique du régime démocratique.la démocratie représentative n’est qu’éphémère. En connaissance de cause,  les représentants du peuple doivent appliquer une certaine retenue dans l’exercice du pouvoir et un attachement à l’opinion populaire dans les décisions qu’ils prennent. Et quand le doute s’installe et que la certitude vacille la référence au peuple peut sauver de l’égarement. « Pour faire de grandes choses, il ne faut pas être un si grand génie ;  il ne faut pas être au dessus des hommes ;  il faut être avec eux » nous dit encore Montesquieu. Or que voit on ? Tout l’inverse ! Erreur ou volonté politique ? Risque juridique plutôt que politique pourrait on répondre !

Le conflit qui a  opposé le gouvernement aux manifestants de la réforme des retraites montre une certaine forme de tyrannie, non pas celle d’un individu sur tous les autres mais celle d’un groupe d’individus sur tous les autres ! Ceci nous interroge sur l’efficacité des  institutions  qui limitent la dérive de telles pratiques. La constitution, le conseil d’état,  Le sénat ? Sont-ils les instruments efficaces de limites du pouvoir?

Nullement. Le droit constitutionnel peut être révisé. Le sénat  quant à lui est tout autant le résultat d’un suffrage,  et  dans l’idéal il peut être à majorité opposée au parlement. Rien  n’assure donc la mesure dans la pratique du pouvoir, car trop souvent l’exécutif en place poursuit des réformes dans l’objectif d’obtenir une majorité au parlement ou  au sénat et constituer des relais favorables au conseil constitutionnel. Ici encore  le président exerce son hégémonie.

La justice peut-elle contribuer à réduire l’extrême pouvoir de la majorité ? Contre la tyrannie et pour la liberté ? Assurément pas quand on songe que le président est le garant de la magistrature. Lorsqu’on pense ensuite aux affaires politico financières qui se succèdent,  nous en doutons encore plus.

Les médias alors ? Non plus depuis la réforme de l’audiovisuel ou le président de la république  nomme le président qu’il veut. Collisions et conflits d’intérêts constituent une réalité qui décrédibilise l’action politique et l’homme qui la représente.

Le pouvoir et la forme qu’il a pu prendre (démocratique, monarchique, dictatorial) n’est finalement que l’instrument d’une domination  d’une classe sur une autre. Il y a manifestement  une insuffisance  dans le principe représentatif.la démocratie participative ne serait elle pas cet horizon de la justice et de l’égalité de tous pour tous ?

1 Commentaire à “ LA TYRANIE DU POUVOIR ” »

  1. Xavier Pérez dit :

    Parce que la phrase de montesquieu est juste, elle marque le fait de la grandeur: être parmi les hommes. La démocratie participative met l’accent sur la démocratie, elle est souvent placardée comme impossible, c’est la raison pour laquelle je parle toujours de la particpation démocratique, car cela met l’accent sur les citoyens. Ce n’est pas que des mots qui s’inversent c’est les premiers pas d’une mutation profonde de notre démocratie et contre laquelle aucun politique ne peut s’opposer.

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