( 1 janvier, 2011 )

ANNEE CRITIQUE ET ANNEE D’ESPOIR ?

L’année 2010 aura été celle des catastrophes naturelles, la tempête Xynthia, l’éruption du volcan islandais au nom imprononçable, les inondations du Pakistan sans oublier le tremblement de terre à Haïti. Cette dernière  situation est d’autant plus dramatique qu’elle touche un pays  où 76 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté : « un malheur ne vient jamais seul ! ».Sans vouloir minimiser ces évènements l’actualité n’est pas seulement faite de faits divers qui font diversion pour reprendre P.BOURDIEU dans une de ses critiques qu’il adresse sur la télévision :

 

La crise économique se poursuit à travers celle des dettes souveraines, la Grèce en premier lieu, l’Irlande ensuite en attendant les autres. L’évènement s’accompagne du possible et improbable éclatement de la zone euro évoqué par les uns et redouté par les autres. Une crise dont il faut chercher ailleurs que dans la seule responsabilité d’un homme (Affaire Kerviel), les origines du mal financier, dont on aimerait faire un exemple en France. Les banques principales actrices de l’acte 1 de la crise sont relativement épargnées  des mesures promises par le G20, l’Europe et les E.U mise à  part les accords de Bâle 3 qui imposent des niveaux de capitaux plus élevées dans le passif des bilans des établissements financiers.

 

La crise n’est pas encore terminée elle se prolonge et se traduit dans  la dette des états et  les mesures de rigueur qui  s’imposent à eux. La situation crée   un sentiment d’injustice, alimentant encore plus la fracture entre le monde politique secoué par les affaires financières (Karachi, Bettencourt) et le peuple. La réforme des retraites qui aura été le symbole du mouvement social en 2010 est caractéristique de l’incompréhension et de la distance qui sépare le peuple et le pouvoir qui les represente. Dans ce climat de violence symbolique et d’injustice se durcit le ton des politiques impuissantes à trouver une solution aux situations sociales tendues des individus qui les vivent. C’est dangereusement dans le discours populiste stigmatisant une population précise que l’histoire sombre de la politique se poursuit faisant de l’étranger la raison de tous ses échecs et éloignant les individus d’une réalité plus certaine et immédiate : l’échec politique. Le problème d’intégration est certain et la légitime question sur l’identité nationale sous jacente est restée enfermée dans le débat du port de la burqua. Le conseil constitutionnel révisera néanmoins  la mesure d’interdiction de la tenue, confronté au droit constitutionnel de la liberté individuelle et le droit de culte ainsi que le droit fondamental des individus protégé par la CEDH (la cour européenne des droits de l’homme). La justice ou ce qu’il en reste est effectivement l’élément critique sur lequel l’Etat de droit peut être apprécié. C’est ce débat qui a occupée la situation en France dans les derniers mois de l’année  à travers les mesures sécuritaires et leurs dérives au nom de la protection des individus.  Enfin le développement durable n’échappe pas à la situation d’échec. Beaucoup de bruit pour une conclusion insatisfaisante du grenelle de l’environnement. Une mesure très médiatisée portait sur le projet de réduction des GES intitulé la taxe Carbonne faisant supporter l’ensemble de l’effort sur les particuliers, oubliant les plus gros pollueurs. Après l’échec du sommet de Copenhague en Décembre 2009, le sommet de Cancun laisse filtrer des espoirs qui restent pour l’essentiel à concrétiser (lutte contre la déforestation, fond vert et transfert de technologie).Sans doute existent-ils  d’autres sujets tous aussi importants, le bilan pourrait alors paraitre plus sombre ou plus encouragent mais l’essentiel est de retenir les évènements qui ne seront pas sans conséquences pour les années qui viennent. Sur la géopolitique particulièrement. En effet, l’affaire wikileaks semble participer davantage de la liberté d’expression que celle de vouloir nuire volontairement à une diplomatie ou à une autre, remettant en cause sa raison d’être. L’arrestation du fondateur julian Assange témoigne de la situation tragique  des sources journalistiques et de leur protection. Après le quatrième pouvoir que constitue la presse, n’assisterions nous pas pour l’intérêt du plus grand nombre à l’avènement d’un cinquième pouvoir ?

Driss.B

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