( 18 février, 2011 )

LA PROTESTATION SOCIALE ARABE…ET PLUS

Les crises sont des accélérateurs du changement, elles viennent et brisent des situations établies lorsque les revendications chroniques et successives restent sans résultat et la détresse sans compassion. Ce qui se passe actuellement dans les Pays arabes illustre la conséquence d’injustices qui ont  trop longtemps durées. L’espoir d’un jour laisse toutefois la place à un avenir chargé d’incertitudes. Quel projet la révolte arabe souhaite-t-elle voir se réaliser ?  Il faut poser la question au peuple qui vit l’événement. A voir l’enthousiasme et les sentiments explosés,  l’espoir semble-t-il est à la reconstruction  de l’identité et l’émancipation  individuelle et dans son prolongement sans doute celle  d’une civilisation perdue entre le IX et le XXI siècle. C’est très certainement une chance laissé au peuple arabe de poursuivre l’histoire qui est la sienne et dont elle a été trop longtemps privée. Je ne parlerai pas ici des régimes politiques qui ont dominé l’ensemble des pays et source de la révolution actuelle davantage culturelle qu’islamiste. Peut être ont-ils trop tardé à laisser s’exprimer des revendications sociales et humaines de justice sociale. La meilleure chance offerte à un pays et le régime politique qui le gouverne. Le pire est aussi le régime politique qui le gouverne. Il faut se saisir de l’idéal  démocratique. Même s’il reste difficile à réaliser il constitue l’élément critique de l’organisation sociale, de sa légitimité et de son maintien.la réussite n’est plus à l’affrontement ou au conflit culturel ou religieux, la vague de protestation actuelle est le produit d’une jeunesse éduquée et portée par des ambitions qui dépassent  l’affrontement du spirituel et du temporel, de l’orient contre l’occident ou du bien contre le mal. C’est la situation d’une société sécularisée ayant pris conscience d’elle-même et du pouvoir qui est le sien d’écrire son histoire. C’est la traduction d’une réaction populaire pour la justice. On ne peut  priver les individus   de leur liberté et de l’avenir qu’il souhaite voir se réaliser.

 

S’il apparait que deux pays se soit  débarrassés des représentants de régimes politiques dépassés et corrompus, il reste les forces invisibles  et les systèmes qui les ont gouvernés. Moubarak et Ben Ali constituaient-ils le système tellement critiqué, ou bien en étaient-ils que les instruments ? C’est à ces difficiles questions que les peuples et les représentants actuels du gouvernement laissé vacant doivent trouver une réponse. La situation stratégique occupée par l’Egypte dans le jeu du conflit israélo-arabe laisse présager une réponse probable pour la situation égyptienne. Pourquoi de tels doutes ? Pour y répondre, une nouvelle question : Pourquoi deux hommes d’états ayant dominés la vie politique pendant de très longues années décident-ils de quitter le pouvoir ?

 

Un acteur difficile à identifier semble se cacher derrière le jeu complexe du Moyen Orient. Il y a derrière le printemps arabe et l’espoir qu’il suscite quelques craintes qui assombrissent l’horizon. La principale qui menace l’équilibre semble être une dictature de l’ombre. Il faut pour l’individu s’émanciper de cette croyance qui fait de la victoire d’une bataille celle de toute la guerre ! L’enjeu et le destin arabe ne se joue plus  à l’intérieur de ses frontières mais sans doute au delà ! C’est au-delà de ses frontières que la réussite économique, politique et culturelle se réalisera très certainement aussi. Le temps de la domination ou du monopole de la violence  et de la souveraineté peut être est révolu. A l’image de l’impuissance des états face à une globalisation qui échappe à toute influence souveraine. La nation arabe doit reconquérir dans le nouvel environnement la place qui est la sienne. Le retard de développement qui semble  être un handicape ne l’est sans doute pas. « Il faut regarder le passé pour comprendre l’avenir »,  faire le bilan de l’histoire sociale, économique et politique des pays dits développés et y trouver un nouveau contrat social arabe. Il faut offrir à la jeunesse arabe  des perspectives de vie à la hauteur de ses espoirs et de ses ambitions. Une telle réalisation demeure dans la prise en compte de ses projets et dans la promotion de tous, le nouveau projet  politique doit réunir toutes les forces et les ressources dont il dispose pour la reconstruction d’une civilisation arabe oubliée. Celle des ibn Khaldoun, Averroès, Avicenne et Ghazali. Une civilisation aujourd’hui  qui n’est plus que l’ombre d’elle-même, identifiée à une image sombre et qu’il faut désormais effacer des représentations occidentales : le terrorisme islamique. Oui, la nation arabe vaut bien plus que cela. Elle doit relever le défi au nom du siècle des lumières passées. Ayant été le trait d’union entre la civilisation grecque et la renaissance européenne, elle mérite de beaucoup plus de reconnaissance. Mais c’est  à elle de le prouver et de saisir l’évènement historique qui se présente à elle.

 

Driss.B

2 Commentaires à “ LA PROTESTATION SOCIALE ARABE…ET PLUS ” »

  1. apocalyspenow dit :

    Article à retenir par la profondeur de son enseignement : la renaissance arabe au centre d’une nouvelle organisation politique ! Très intéressant !

  2. Emilie Dukan dit :

    Votre article est vraiment passionnant. Je l’ai lu lorsque vous l’avez édité en février 2011 et je me fais un plaisir de revenir commenter cet article qui m’a poussé dans mes investigations et lectures diverses sur le sujet.

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