( 17 mars, 2011 )

LA CROISSANCE FRAGILE

Chaque « catastrophe » de la nature ramène  l’espèce humaine devant la précarité de son existence. Le séisme japonais suivi d’un tsunami nous le rappelle  avec plus de force. Au-delà des situations de détresses et des dégâts matériels, le pays du soleil levant s’expose à un risque non moins dangereux : le risque nucléaire. L’environnement  tient ici une nouvelle fois sa revanche et nous oblige manifestement à intégrer avec plus de considération la dimension écologique dans les modèles de croissance et de développement. Le développement durable ne doit pas rester une utopie, un rêve inaccessible. Considérer par les uns comme un frein à la croissance, je le considère comme l’avenir probable du capitalisme après la fin du social et du rôle joué par la fonction de  redistribution de l’état dans  la croissance. Croissance et crise se succèdent dans une boucle probablement sans fin.les cycles de croissance trouvent leur déterminant dans l’innovation et l’introduction de facteurs favorables et peu couteux dans la production. Il y a eu  la machine à vapeur, le pétrole et l’électricité. Sans Energie, quelle économie ?  Pétrole pour ceux qui en disposent au moindre coût et nucléaire pour ceux  qui souhaitant échapper à la dépendance énergétique et aux conflits géopolitiques. Ce fut le choix de la France et sans doute celui du Japon. Ce dernier était-il conscient du risque sismique ?  Très certainement ! Pouvait-il renoncer à la croissance et à cette source d’énergie peu « coûteuse » ? La réponse est évidente, en témoignent  la situation et l’ampleur des risques auxquels sont exposés les japonais mais aussi les habitants des pays voisins. Risque écologique et dommages collatéraux sont les deux volets, et sans doutes bien d’autres, qui s’imposent à l’évidence dans les leçons qu’il faut tirer de la situation. Le japon a joué à la roulette russe et a vraisemblablement perdu, reste les autres.  La responsabilité écologique et celle vis-à-vis des citoyens nationaux et des pays voisins est ainsi posée. Dans la reconstruction mondiale apparait de toute évidence un nouveau facteur déterminant les  relations internationales : Le principe de subsidiarité à l’image de celui qui gouverne l’intégration européenne et  qui pourrait s’imposer dans la nouvelle architecture mondiale. 

 

A toutes choses malheur est bon ? 

 

Une vision cynique voit dans les catastrophes une opportunité de relance économique. Très probablement la reconstruction se traduira  par une production favorable à la croissance. Toutefois, elle n’est pas sans considérer le coût d’opportunité de l’investissement .Faire et défaire c’est toujours travailler, mais il est des activités plus pertinentes que d’autres. Par ailleurs, le coût des dégâts est également à prendre en compte, traduisant finalement la destruction bien plus que la création d’une richesse. Visiblement le japon est très fragilisé par cet événement. Le pays avait construit sa réputation dans l’innovation et l’introduction des technologies pour produire des biens à forte valeur ajoutée. Privé d’espace suffisant et de ressources naturelles, il était devenu  la deuxième puissance économique mondiale, avant d’être dépassé par son voisin Chinois. Après l’évènement dramatique, que  restera- t- il  du miracle japonais ?  

 

Driss.B

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