( 23 juillet, 2014 )

3-Une Conclusion

3.1 Les observations et ses limites

 

A ce stade de notre article, il convient de rappeler  certains points importants.

Il faut tout d’abord noter un taux de chômage des hommes plus élevé que celui des femmes. Le chômage des personnes âgées de moins de 25 ans est, quant à lui, plus faible que celui de leurs aînés. Ces deux observations ne convergent pas avec celles qui concernent ces catégories d’individus lorsque nous considérons la situation d’emploi au niveau national (les « jeunes » et les femmes sont en effet les populations les plus confrontées à la situation de chômage, contrairement aux résultats obtenus dans notre étude).

Il est possible de chercher une explication à ce constat dans le fait que les individus, composant notre échantillon, n’ont pas bénéficié du dispositif à la même date. Par conséquent, la situation d’emploi 18 mois après leur sortie du dispositif (pour laquelle apparaît le différentiel) peut se distinguer du niveau de chômage tel qu’il est mesuré au niveau agrégé sur une même année. L’autre élément d’explication à envisager est  le secteur d’activité ou le métier pour lequel le dispositif est mis en œuvre et dans lesquels les individus sont employés. Nous n’avons pas pris en compte cet aspect particulier de l’emploi. Il peut constituer l’autre élément d’explication du différentiel de chômage que nous avons observé.

Concernant le taux de marge d’erreur évalué à 6,24 %, il est quant à lui légèrement supérieur au taux de 5 % généralement admis pour réaliser les inférences statistiques. En multipliant le nombre d’individus, nous pourrions effectuer une généralisation plus acceptable des éléments de conclusion qui suivent. Il serait enfin utile de vérifier la représentativité de notre échantillon à la population mère sur le critère du niveau de formation, lequel n’a pas été réalisé faute de son absence dans le document[1] officiel portant sur l’AFPR et mobilisé dans notre étude.

3.2 La spécificité de la formation et  l’employabilité des individus

La spécificité de la formation à l’emploi visé par le dispositif AFPR  entretient une relation statistiquement significative sur la situation d’emploi à moyen terme. Cette relation est relative à la situation professionnelle des femmes, des bénéficiaires du dispositif faiblement dotés en capital académique (égal au bac) et des personnes dont la tranche d’âge est supérieure à 25 ans. Pour ces catégories de population, les risques d’être au chômage plutôt qu’en emploi augmentent lorsque la formation cible le simple appariement de l’individu à l’emploi auquel le dispositif le « prépare ».

 

A l’exception des personnes appartenant à la catégorie d’âge « de 25 à 49 ans » (généralement cette catégorie d’âge bénéficie des taux d’emploi les plus favorables sur le marché du travail), la formation dont la spécificité est « forte » pénalise les individus qui subissent déjà une discrimination sur le marché de l’offre et de la demande d’emploi.

A l’effet Matthieu, qui constitue un premier obstacle empêchant les individus faiblement dotés en capital académique de compenser « leur retard » par la formation tout au long de la vie, s’ajoute un effet pervers du dispositif étudié ici. L’action de formation, dont les effets à court terme sont déjà discutables[2], tend à affaiblir « l’employabilité » de ses bénéficiaires à moyen terme.

Ces différentes observations nous permettent de considérer le caractère spécifique de la formation comme une limite « remarquable » de l’action préalable à l’emploi.

3.3 Le capital humain et son versant « générique »

Le capital humain, à travers les deux dimensions qu’il présente, invite à considérer la mesure d’activation par la formation des individus dans une démarche qui se distingue de celle qui vise l’urgence du travail. Un contenu plus « général » des formations, particulièrement en direction des personnes les plus vulnérables sur le marché du travail, participerait à améliorer leur chance d’accès à l’emploi et probablement le maintien de leur « employabilité » à moyen terme.

Compléter les formations par le versant générique du capital humain réduirait les risques de chômage des individus sur un marché du travail traversé par les contraintes de mobilités professionnelles. Réaliser un tel projet, ne résoudra pas cependant l’autre difficulté que présente la formation des individus. Modifier le contenu de cette ressource, ne nous permet pas de dire si sa mobilisation par l’ensemble des individus se concrétisera.

***


[1] Gaumont Sandra, 2012, Op. Cit.

[2] Le taux de retour à l’emploi à l’issue du dispositif n’est pas en effet « exceptionnel » dans le sens où 60,61 % des bénéficiaires ont connu une transition favorable du chômage vers l’emploi, mais il est remarquable compte tenu de l’objet de la mesure qui consiste à assurer l’appariement d’un individu par la formation à un poste de travail. Il devrait par conséquent afficher des résultats plus favorables à l’emploi.


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