( 11 novembre, 2010 )

LA TYRANIE DU POUVOIR

Les évènements récents de l’actualité sociale nous emmènent à réfléchir sur le régime politique démocratique et de sa légitimité. La démocratie est le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple nous dit A.LINCOLN. L’horizon de la démocratie est l’égalité, précise TOCQUEVILLE. Enfin la  séparation des pouvoirs est le principe fondateur d’un régime politique démocratique pour Montesquieu dans «  de l’esprit des lois ». L’actualité met à mal tous ces idéaux sur lesquels le régime politique hérité de la révolution française s’est construit. L’idéal égalitaire républicain procèderait-il d’un rêve inaccessible ? Ne serait-il pas un instrument de domination ?

L’élection présidentielle et législative si elle donne une majorité, n’en demeure pas moins relative. Elle n’est de plus  que le résultat d’un sentiment ponctuel des électeurs et ne justifie en aucune manière la légitimité sur la durée. C’est là que demeure la critique du régime démocratique.la démocratie représentative n’est qu’éphémère. En connaissance de cause,  les représentants du peuple doivent appliquer une certaine retenue dans l’exercice du pouvoir et un attachement à l’opinion populaire dans les décisions qu’ils prennent. Et quand le doute s’installe et que la certitude vacille la référence au peuple peut sauver de l’égarement. « Pour faire de grandes choses, il ne faut pas être un si grand génie ;  il ne faut pas être au dessus des hommes ;  il faut être avec eux » nous dit encore Montesquieu. Or que voit on ? Tout l’inverse ! Erreur ou volonté politique ? Risque juridique plutôt que politique pourrait on répondre !

Le conflit qui a  opposé le gouvernement aux manifestants de la réforme des retraites montre une certaine forme de tyrannie, non pas celle d’un individu sur tous les autres mais celle d’un groupe d’individus sur tous les autres ! Ceci nous interroge sur l’efficacité des  institutions  qui limitent la dérive de telles pratiques. La constitution, le conseil d’état,  Le sénat ? Sont-ils les instruments efficaces de limites du pouvoir?

Nullement. Le droit constitutionnel peut être révisé. Le sénat  quant à lui est tout autant le résultat d’un suffrage,  et  dans l’idéal il peut être à majorité opposée au parlement. Rien  n’assure donc la mesure dans la pratique du pouvoir, car trop souvent l’exécutif en place poursuit des réformes dans l’objectif d’obtenir une majorité au parlement ou  au sénat et constituer des relais favorables au conseil constitutionnel. Ici encore  le président exerce son hégémonie.

La justice peut-elle contribuer à réduire l’extrême pouvoir de la majorité ? Contre la tyrannie et pour la liberté ? Assurément pas quand on songe que le président est le garant de la magistrature. Lorsqu’on pense ensuite aux affaires politico financières qui se succèdent,  nous en doutons encore plus.

Les médias alors ? Non plus depuis la réforme de l’audiovisuel ou le président de la république  nomme le président qu’il veut. Collisions et conflits d’intérêts constituent une réalité qui décrédibilise l’action politique et l’homme qui la représente.

Le pouvoir et la forme qu’il a pu prendre (démocratique, monarchique, dictatorial) n’est finalement que l’instrument d’une domination  d’une classe sur une autre. Il y a manifestement  une insuffisance  dans le principe représentatif.la démocratie participative ne serait elle pas cet horizon de la justice et de l’égalité de tous pour tous ?

( 18 octobre, 2010 )

IMMIGRATION ET CONSEQUENCE

Il est essentiel de considérer le phénomène d’intégration, processus par lequel les individus acquièrent les valeurs et normes d’une société assurant sa participation à la vie de la cité. Plusieurs institutions assurent une telle socialisation. La famille, l’école, le travail, le sport et la politique pour en désigner quelques unes. Aux origines de l’immigration, certains courants souhaitent faire de l’accueil des étrangers une immigration « choisie » en considérant le caractère non assimilationniste de certaines communautés, faisant du choc des cultures des causes de conflits nuisibles à la cohésion sociale. Celles-ci ne traduisent elles pas au contraire l’échec du  modèle d’intégration français des communautés immigrées ?

Les individus vivant dans un pays étrangers s’ils assimilent la culture du pays d’accueil ne réduisent pas pour autant à des valeurs minimalistes la culture de leur origine.

A diverses reprises, les tensions se sont exprimées stigmatisant une  communauté en particulier, concentrant tous les préjugés, les angoisses et les craintes sur  un caractère particulier de celle ci. Dans une société sécularisée la référence à dieu, culpabilise celui qui la revendique. Hier les italiens avec le christianisme, aujourd’hui la population arabe de France et l’islam. Cette intolérance condamne plus qu’elle ne résout les tensions qui traverse la cohabitation des différentes communautés. Le ministère de l’intérieur qui est aussi celui du culte, a pris l’initiative de réguler les pratiques islamiques de France en instituant le CFCM (conseil français du culte musulman).Par ailleurs, l’école, qui à concentré à plusieurs reprises les sources de tensions les plus médiatisées, a également fait son aggiornamento. Le développement de Zone d’éducation prioritaire (ZEP) ciblant des régions bien déterminées répondent d’une certaines manière à une erreur de concentration urbaine (née très certainement avec la création de la Sonacotra en 1956, concentrant les immigrés dans les foyers d’abord et dans les HLM ensuite). Celle-ci est souvent citée par les intellectuels pour décrire une assignation à résidence, une relégation et une privation éloignant la population des ressources de la société. Le travail principalement. Si 20 % des jeunes français subissent le chômage, ce sont 40 % des jeunes issues de l’immigration qui rencontrent cette difficulté. Comment alors parler d’intégration ou du caractère assimilationniste, lorsque les barrières à l’emploi se dressent, exacerbant davantage les violences et le fondamentalisme religieux et renforçant la distance (Croyances aveugles d’un côté et principe républicain et laïque de l’autre)  et le sentiment d’exclus ? Un malheur ne vient jamais seul, les citées concentrent toutes les misères du monde : l’enfer sur terre ! La couverture médiatique renforce cette idée d’un monde perdu, plus connu sous ses difficultés et ses évènements tragiques que ses potentiels dont on parle peu, comme si l’entretien de cet imaginaire gris qu’il  renvoi, nourrissait les programmes politiques des plus populistes. (Le succès du front national en 1980 se nourrit de ces sentiments de craintes bien plus que de certitudes, l’époque actuelle voit ressurgir des situations comparables un peu partout en Europe, comme si la xénophobie était un sentiment récurrent, que l’on croyait éradiqué mais qui revient sans cesse).il semble donc que ce soit le modèle d’intégration qui interroge sur la difficulté de l’immigré et de la nation qui l’accueille.

Au delà des discours populistes, l’immigration est nécessaire pour faire face aux insuffisances démographiques et très certainement économiques à l’horizon 2050 et bien avant sans doute. Les modèles d’intégration marquent certaines limites et appellent à de nouvelles réflexions pour assurer la place des individus indépendamment de leurs origines et de leur croyance. L’idéal égalitaire républicain est une perspective de civilisation qu’il faut certainement poursuivre et réaliser. Ce n’est pas dans l’indifférence et la stigmatisation qu’un tel projet se réalise, mais probablement dans une culture de la différence à l’image  de celle que proposent les états unis et l’intégration intermédiaire assuré par le communautarisme.la différence culturelle n’est donc pas à étouffer mais plutôt à comprendre. Après l’harmonisation des politiques économiques et sans doute sociales, un autre volet doit occuper l’Europe engagée dans une spéculation politique dangereuse. 

( 3 septembre, 2010 )

LA PROTECTION SOCIALE INACHEVEE

Dénonçant dans mon blog les  conséquences de la coopération sociale injuste et Condamnant trop souvent en entretenant peut être une vision pessimiste des perspectives de l’histoire humaine, je propose cette fois-ci une participation plus constructive sur le problème de l’emploi et de la probable poursuite d’une protection sociale inachevée et particulièrement dans le domaine de la formation de la population la plus vulnérable .Mes propositions ou remarques vont de la formation initiale à celle qui devrait être possible tout au long de la vie. Si  le retour à la croissance entretien le mythe du plein emploi, la réalité est toute différente. Dans l’accélération des changements de la structure de production économique, qui va plus vite que la formation des individus, la GPEC  quand elle existe anticipe mal cette évolution.

  1 –Politique pour l’emploi 

Dans la lutte contre le Chômage,  le projet politique est de préserver l’emploi  des « insiders » et mettre à la disposition des « outsiders » toutes les chances d’accéder à l’indépendance économique et sociale. Sensible au deuxième aspect je n’évoquerai que celui-ci. Celui du chômage que subit une part trop grande de la population, que la suspicion condamne alors qu’il est probablement à rechercher dans l’actuelle et injuste organisation sociale et plus certainement du traitement que l’on en fait. Le sous-emploi et l’exclusion  est une conséquence de la coopération sociale et de la justice telles qu’elles existent, bien plus que le résultat d’une volonté personnelle des individus. Devenir pauvre ou le rester n’est pas un choix. Les arguments ne manquent pourtant pas pour condamner la paresse et  le manque de motivation. Là où la présomption d’innocence  devrait sauver, c’est la suspicion qui condamne. La situation actuelle du sous emploi et de l’exclusion nécessite d’aller chercher plus loin les causes d’un tel échec. Processus tragique que l’on croyait avoir conjuré mais émergeant sans cesse dans les crises récurrentes d’une économie devenue au service exclusif du gain.

2-L’accompagnement vers l’emploi ?

Le sujet principal de ma critique concerne les mesures d’accompagnement pour l’emploi et précisément la formation. Elles sont indifférenciées selon que l’on soit diplômé(e) ou non,  de formation supérieure ou pas, ayant besoin d’une formation complémentaire ou de beaucoup plus. Encore une fois la demande de formation (des chômeurs) et celles de l’offre (proposées par le service de pôle emploi) ne se rejoignent pas toujours.il existent des personnes dont la formation supérieure trop généraliste  ne leur permet pas de trouver un emploi de spécialiste proposée par les entreprises. Une formation complémentaire (post Master 1 ou licence)  pourrait se compléter par une spécialisation. Or trop souvent, les formations proposées aux demandeurs d’emploi ne dépassent rarement le niveau Bac + 2. Il est vrai que les demandeurs d’emploi  se recrutent   chez les personnes les moins qualifiées et que ces formations se justifiaient sans doute par le passé et peut être encore aujourd’hui ( ???). Mais comment expliquer de telles mesures dans l’ère de l’économie à forte intégration technologique qui vient et la compétition internationale qui s’exacerbe ?

3-Workfare state versus welfare state 

L’échec du workfare state marque les limites d’une politique du retour à l’emploi.il semble que les individus et les entreprises que le sous emploi menace  soit davantage concernés par le marché de l’emploi, de ses évolutions et des formations utiles qu’il implique. Le coaching proposé par les agences privées qui accompagnent les demandeurs d’emploi n’est pas toujours à la hauteur de leurs espérances et de celles des institutions qui les sollicitent. Dans ce retour de l’état gendarme d’une nouvelle forme (volonté d’intégration contre aides sociales), la stigmatisation affaiblit les individus privés des « chances » et de la bénédiction sociale  permettant de trouver leur place dans une  compétition inégale dominée par les héritiers du capital culturel, social et financier.

4-Contrats aidés ou contrat d’aide aux entreprises ? Pourquoi pas une aide aux individus pour les contrats ou formations ? 

Les emplois aidés qui entretiennent le lien social ne doivent pas seulement apporter des ressources financières. Ils doivent permettre aux personnes éloignées de l’emploi de réaliser un retour gagnant sur le marché du travail. Malheureusement, cette forme d’emploi ne se traduit pas toujours  par une stabilisation de poste tout au plus par une succession d’activités précaires pour le plus grand nombre.il faut imposer des contraintes sociales aux entreprises bénéficiaires de ces formes d’emploi précaires.les contrats aidés ne doivent plus être des « sous emploi » ils doivent apporter une valeur ajoutée particulièrement pour l’actif inemployé, ils doivent exister dans tous secteurs d’activités et toucher tous les emplois possibles, toutes les fonctions dans l’entreprise(ils ne doivent pas se réduire au seul travail d’exécution). C’est ambitieux mais nécessaire.

 5-L’aide sociale à la formation initiale 

 L’allocation de rentrée scolaire, c’est bien mais c’est insuffisant. L’aide doit être plus ambitieuse, en particulier à destination des familles les plus fragiles. A rebours des propositions du gouvernement qui souhaite supprimer les aides familiales en cas d’absence scolaire, je dirais qu’il faut étendre l’action à la médiation auprès de ces familles qui souffrent très certainement d’une impuissance dans l’éducation de leur(s) enfant(s).Pour les financer, pourquoi ne pas aller chercher les ressources dans les réductions d’impôts accordées aux familles les plus aisées qui bénéficient d’aides à domiciles de toutes sortes? Mais les politiques actuelles restent fidèles à leurs erreurs (je n’ose pas dire à leur volonté), puisque trop souvent elles traitent les situations davantage que les évènements qui les font naitre (Délinquances, violence, immigration, échecs scolaires, chômages, pauvreté, exclusion,…la liste est longue).

6-La formation initiale 

L’écart qui existe entre offre et demande d’emploi ne semble pas aller vers un rapprochement. Il parait en effet que les formations ne soient pas toujours adaptées au monde professionnel. Dans une économie de réseau ou chaque unité de production se spécialise, la difficulté des formations trop généralistes se heurte à l’environnement économique nouveau. Le poids de la formation ne doit pas exclusivement peser sur la société. Les incertitudes professionnelles non plus. J’irai dans le sens de Marcel Gauchet lorsqu’il argumente autour d’une formation transversale des individus. Charge à l’entreprise ensuite de spécialiser l’individu qu’elle recrute. Une formation partagée en quelques sortes, peut être, cela réduirait-il le taux d’échecs dans les parcours scolaires, lorsque les orientations trop subies se traduisent le plus souvent par une perte de motivation et le décrochage. 

7-Le droit individuel de formation : Priorité au retour à l’emploi pour tous 

 

Il est étonnant de voir l’accumulation de mesures aux mains de ceux qui en ont le moins besoin au détriment de ceux qui en sont le plus privé. Le Droit individuel de formation en est une illustration. Le droit à la formation tout au long de la vie doit aller indifféremment à la population active employée et celle qui ne l’est pas. Certainement plus  à celle qui ne l’est pas d’ailleurs.

 Les mesures d’aides à l’emploi sont difficilement accessibles par les rigidités protocolaires qui les entourent. Je propose de libérer le champ d’action au bénéfice des individus concernés, et responsable par ailleurs en accordant un « Paquet d’aides à l’emploi », un portefeuille emploi en quelques sortes. Tous demandeurs d’emploi désignés  se verraient accorder une enveloppe destinée exclusivement à la formation pour les uns ou à d’autres actions dans le cadre de l’emploi pour les autres. Ils pourraient alors disposer d’une somme ou d’un crédit qu’ils pourraient utiliser dans le cadre exclusif  de leur recherche d’emploi ou de leur formation.

A ce titre, Le demandeur d’emploi accumulerait des points pondérés au temps passé sans emploi et  sans activité. Le temps passé comme demandeur d’emploi ne doit pas constituer une trappe pour l’individu, mais une « chance » de bénéficier de ressources plus étendues et de mobilisations effectives des institutions qui luttent contre le « déclassement » et l’exclusion. A situations exceptionnelles, mesures exceptionnelles devraient être la règles pratique du traitement dans la lutte contre le sous emploi.

7-La formation professionnelle des adultes  de  26 ans et +

Dans le contexte actuel, même si le chômage recrute davantage les jeunes. Les mesures d’emplois, de formation professionnalisante ne doivent pas se concentrer exclusivement sur cette catégorie de personne .la situation actuelle touche également la tranche d’âge 35-50 ans, dont la formation semble insuffisante pour retrouver un emploi après avoir vécue une rupture de contrat de travail. Dans le projet pour le travail des seniors et d’allongement des périodes d’activité pour les retraites que je condamne, que propose donc le gouvernement sur les questions de formation des personnes concernées ? Les plus qualifiées (une majorité d’entre elles en tout cas) n’éprouvent pas de difficultés particulières, mais pour toutes les autres que fait-on ? 

9-La formation continue 

Nous sommes donc confrontés aux questions de formation et  aux problèmes des ressources financières qui leur sont associées. La plupart des personnes se trouvant au chômage sont démunies face à cette barrière. Il existe des fonds collectés par les OPCA. Il est urgent de faire le bilan de ces ressources et  de l’usage qui en est fait. Les demandeurs d’emploi pourraient par exemple bénéficier d’un transfert de droit à la formation individuel (DIF OU FONGECIF) en provenance des personnes salariées n’estimant pas avoir besoin de formation.il  reposerait sur un principe de solidarité.les demandeurs d’emploi, bénéficiaire du RSA ou toutes autres personnes recherchant un emploi, pourraient ainsi capitaliser dans l’objectif de concrétiser un projet de formation. Qu’adviennent les droits ouverts à la formation des personnes partant à la retraite ? 

Cette mesure s’accompagnerait d’une obligation faite aux organismes collecteurs de tenir informé de façon régulière les bénéficiaires des droits à la formation. Actuellement, peu de personne est informée de ce droit alors qu’elle recherche des ressources pour pouvoir suivre une formation. 

10-La création d’entreprise : ultime espoir ? 

Dans les perspectives qui sont faites sur l’emploi en France et probablement ailleurs, le salariat à durée indéterminée et à temps plein n’aura été qu’une parenthèse de l’histoire du travail en France. Dans son approche du travail Dominique MEDA relève une probable transformation de cette forme d’activité caractéristique de l’âge d’or passé  de l’économie  vers une forme se rapprochant d’un modèle semblable à l’entreprise individuelle gérant un portefeuille d’activités différentes (une personne pouvant occupée un poste d’enseignant vacataire, avec celui de serveur chez MC DO et ouvrier viticole saisonnier). Les lois TEPA et en particulier le statut de l’auto entrepreneur viennent d’un certain point de vue confirmer de telles  visions. Que pensez d’un tel statut ? 

Le progrès est incompatible avec les politiques qui entretiennent la précarité. Certainement beaucoup plus que la recherche de la liberté, il s’agit probablement du désespoir de cause qui pousse les portes de la création d’entreprises. Celle-ci déjà très risquée doit s’accompagner d’une mesure des défaillances et de ses conséquences, d’une sensibilisation sur cette question pour tous porteurs de projets.la création d’entreprise doit s’accompagner d’une recherche sur le fond (la protection sociale des très petits entrepreneurs) autant que sur la forme (réduire le taux de chômage et remettre les gens au travail).la sécurité professionnelle ne doit pas être le privilège des managers des entreprises du CAC 40. Que faire dans le cas ou le risque économique se réalise pour tous les petits entrepreneurs et lorsque le statut ne protège plus ? 

Une conclusion 

La situation qui n’est certainement pas exhaustive autour de l’emploi, de la formation et  contre le chômage nécessite très probablement un approfondissement dans les propositions que j’avance, une recherche détaillée sur les freins du retour à un possible « plein emploi ». Toutefois, un sentiment personnel me laisse penser qu’il existe encore beaucoup d’injustice dans la promotion du capital humain selon la situation professionnelle occupée et la place sociale des individus. Situation amplifiée par la suite sur le marché de l’emploi. Les structures d’accueil et d’accompagnement vers l’emploi ne semblent pas non plus être à la hauteur des espérances des individus qui les sollicitent. Cette impuissance, résultat probable d’une insuffisante compréhension du monde économique des prescripteurs se manifeste dans une crise de confiance des personnes qui subissent la désaffiliation dans le traitement qui est fait et  rajoutant davantage  d’incertitudes sur l’avenir de leur emploi. Une Crise de légitimité liée à un manque de transparence et parfois de compétences des institutions qui représentent les droits des individus  à la formation et au retour à l’emploi. On doit donc considérer les limites d’un système social inachevé qui protège dans un certain cadre, mais qui au-delà semble impuissant devant le géant trou noir social. Lorsque la dimension sociale échappe au gouvernement, c’est le volet sécuritaire qui prend le relais. Les mesures et politiques  pour l’emploi semblent désuètes et injustes au regard de la situation actuelle. Le contrôle tel qu’il est ressenti ne règlera en rien la situation des plus exclus, elle ne fait qu’amplifier un peu plus le caractère stigmatisant dont elle n’a pas besoin. Les inégalités se creusent toujours un peu plus  entre ceux qui ont déjà et ceux qui n’ont presque plus rien, privé jusque dans leur liberté de choix et d’actions. La formation de ceux qui en ont le plus besoin nécessite très probablement une réforme transversale de l’organisation sociale (fiscalité, formation continue et initiale, Aides aux familles…) pour trouver les ressources utiles à son aggiornamento. C’est davantage d’information dont ils sont privés que les personnes au chômage ont besoin non du regard suspicieux de services sociaux et des politiques les plus éloignés de leurs conditions précaires. Je vois dans l’élargissement du droit à la formation (Les formes proposées plus haut), au bénéfice des « inutiles au monde », la poursuite d’une protection sociale inachevée ainsi que la préservation de  la liberté de choix au travail quand il est possible ou à la formation lorsqu’il fait défaut.  

Driss.B

( 2 juin, 2010 )

LA CRISE DE L’ETAT PROVIDENCE ET LA GLOBALISATION

L’état providence peut être définit par l’ensemble des institutions sociales prenant en charge les risques sociaux, tels que le chômage, la maladie, la vieillesse.

Les organismes de sécurité sociale sont l’une des institutions qui couvrent certains de ces risques.

Le système de couvertures sociales  s’est construit au lendemain de la deuxième guerre mondiale. Dans un environnement économique favorable, le projet disposait de mesures financières généreuses. Nous pouvons distinguer deux grands modèles de protection sociale. Le système « bismarckien  » lié au travail et du droit qui en découle. Le système « Beveridgien »  ensuite qui, lui est  fondé sur la solidarité nationale. En France, le système emprunte aux deux premiers pour déterminer une protection hybride. Lorsque l’individu sort des droits, l’état le couvre par des minima sociaux (RSA, AAH, Minimum vieillesse et biens d’autres).

Depuis la fin de la croissance, la protection sociale alimentée par les recettes fiscales, est en crise. La démographie joue également pour beaucoup. Une population vieillissante caractérisée par le papy boom et un marché de l’emploi insuffisant creusent le déficit de la branche vieillesse et rend nécessaire une adoption de réformes. Dans une approche libérale du projet de coopération sociale, Le « welfare state«   laisse peu à peu la place au « Workfare state ». De l’assistance nous passons à une responsabilisation des bénéficiaires des revenus de substitutions. L’état attend en effet l’engagement  dans une démarche active en contrepartie de ressources financières de substitutions qu’il met à la disposition de l’individu inemployé. Dans l’ère  individualiste où nous sommes, le plus souvent l’exclu stigmatisé, est considéré comme responsable  de son échec. On entend ici et là une suspicion qui condamne la paresse, la pauvreté et  toutes les conséquences que l’organisation sociale produit pourtant. Cette remise en cause de l’organisation sociale et ses limites  est manifestement à mettre en perspective dans un espace où  les frontières s’effondrent.

A l’arrière fond se joue en effet l’influence de l’économie globalisée. Celle des marchés, la plus caractéristique des événements récents, jouant au yoyo entre l’effondrement des cours et leur reprise. Dans les plans massifs de soutien aux défaillances   souveraines on croyait conjurer le sort du flux et reflux de la vague financière. Une  légère reprise laisse soudain la place  à un effondrement possible.les marchés fous, ridiculisant les gouvernements, spéculent sur tous les fronts. A la baisse, à la hausse peut importe. Tout est dans le gain. Immédiat de toutes évidences. La finance parait sans morale. Elle l’est !

Croire seulement à cela serait pourtant faire une erreur de jugement. L’éternel va et vient entre l’équilibre et la rupture nous dit autre chose. Les marchés ont parfois raison. On peut le nier, mais en partie seulement. Le prix de toutes choses est l’agrégation d’une multitude d’informations : le nombre d’acheteur, celui des vendeurs. La rareté du produit, la situation du marché, la concurrence exacerbée ou non et les croyances que les agents rationnels se font de toutes formes de données et de leurs perspectives. Vraies ou fausses. Qu’importe, la prophétie auto réalisatrice se joue de toutes les analyses .Rationnelles ? De même le cours de bourses de toutes actions, de tous produits reflète chacun les évolutions probables ou plus folles ramenées à aujourd’hui. La bourse opère une actualisation du prix, de demain à aujourd’hui .Sans oublier le passé. Dans ce retour permanent  vers le futur, que penser du  cours  de l’euro ?

Manifestement,  la principale information qui concentre toutes les autres, c’est la croissance de la zone. Les perspectives sont insuffisantes pour ramener les données macro économiques au vert.les voyants restent désespérément rouges. Pour prendre de l’altitude, la montgolfière jette ses poches de sables.les états dégraissent. Ainsi s’impose un chantier de grandes réformes et d’austérité. En vain ! Les agences de notations guettent le moindre indice, les mesures de rigueur n’augurent en rien le retour à la croissance. La note accordée se dégrade emportant avec elle les maigres espoirs de croissance.

A l’heure où les mesures contra cyclique se font le plus utiles, les chefs d’états de la plupart des pays mettent un nouveau tour de vis.

Doit-on faire le reproche de telles initiatives ? D’un certain point de vue la réforme est utile. Elle permet de corriger les erreurs du passé non à les répéter. » Errare humanum est, perseverare diabolicum« . 

Si cette révision est nécessaire, elle n’autorise pas le fanatisme.Tel est l’enjeu et le grand challenge des pays dont la générosité et la solidarité est remise en cause par l’intégration des économies à l’échelle du globe. John Nash célèbre mathématicien  auteur de la théorie des équilibres nous enseigne que sur une grande échelle de jeux les pertes et les gains se compensent. Si l’occident à dominé sur une longue période  les échanges commerciaux, la situation actuelle n’est-elle pas finalement un retour à l’équilibre ? le come back des pays absents jusqu’ici du terrain de jeu ? celui des oubliés de la croissance et du développement  au rôle d’acteur économique plus influent ?

( 27 mai, 2010 )

L’HORIZON ECONOMIQUE ET SOCIAL

Imaginons une planète dont les ressources ne peuvent assurer la survie qu’à 6,5 peut être 7 milliards d’individus. Comment alors subvenir au besoin de 9 à 10 milliards de personnes à l’horizon 2050 ? Quelles pourraient être les conséquences d’un tel événement lorsqu’il surviendra ? 

Les ressources rares 

Dans un monde aux ressources abondantes, peu importe la loi de croissance démographique. Or dans celui qui est le notre, il est utile de se poser de telles questions, d’économiser et de compter. Au bout du compte comment partager  la richesse qu’une économie arrive à créer ? Comment être juste ? 

Si la période actuelle souffre peu de la répartition inégale des ressources, quelles réactions pourraient se produire dans un environnement aux compétitions plus exacerbées, lorsque la croissance économique ne permettra plus aux plus pauvres de rattraper les plus riches et quand un sentiment d’exclusion l’emportera ? Ainsi pouvons-nous appréhender la problématique économique dans sa dimension sociale et sa question morale, dans son projet de collaboration. 

La cohésion sociale 

Tout au long de l’histoire occidentale la principale interrogation se posait dans la construction de la protection sociale. A quels indigents accorder des ressources de substitution, à quels autres la refuser. Si l’on ne peut encore parler d’égalité de tous face au perspective de vie, tout au moins nous rapprochons nous d’une justice sociale et de la construction d’un idéal égalitaire. Le chemin à parcourir ne nous a pas encore permis de réaliser une justice totale et d’achever le progrès nivelant les statuts sociaux pour l’égalité des places. Il se poursuit sur de nombreuses questions à l’intérieure des frontières mais également au delà. Le problème de l’eau, de l’alimentation ou du pétrole dans certaines régions du monde est au cœur de conflits récurrents. Nous le retrouvons entre les paysans et les grandes entreprises de l’agroalimentaire, entre le sud et le nord entre le riche et le pauvre, entre le fils d’ouvrier et l’héritier à l’école. Quelles formes ces antagonismes relèveront-ils dans une cinquantaine d’année lorsque l’explosion démographique rendra probablement plus violent le partage des ressources. Comment se passer de  l’énergie, la principale source de croissance  économique ? De l’eau ?de l’air ? Du travail ? 

La politique économique au secours ou contre le sociale ? 

La résolution des tensions sociales est au cœur de L’antagonisme politique qui cherche à résoudre l’éternelle question de la richesse et de sa répartition. Chacun avançant un modèle de société contre un autre. 

Pour Le socialisme naissant,  la propriété est au cœur de la lutte de classe, bien avant Marx, Proudhon critique la révolution de 1789 ayant laissé subsister le privilège de la propriété comme la source de clivage entre les citoyens et de l’égalité qui reste inachevée.  Celui-ci structurera dès la naissance du capitalisme les oppositions entre les  détenteurs du capital et ceux n’offrant que la force de travail. Pour l’auteur du capital, Karl Marx,  La stratification sociale et donc les inégalités s’expliquent par la détention ou non d’un patrimoine. Ainsi le capital demeurera pour longtemps au cœur des antagonismes sociaux,  comme le foyer d’une éternelle lutte des classes et constituera le fondement du clivage politique. 

  

A l’opposé, Le libéralisme avance la revendication à la propriété privée sur fond d’un individualisme trouvant ses sources dans les années récentes de l’histoire sociale. L’égalité libérale des chances aménage le principe méritocratique accepté par le plus grands nombre comme l’horizon de la justice sociale. Cette appréciation, n’est qu’une fiction nous dit François DUBET. A regarder de plus près, et dépassant l’explication de Proudhon sur  les inégalités, il semble que de nouveaux facteurs soient au centre de la stratification sociale. 

 L’inégalité des chances 

L’école, le meilleur des mondes, dans laquelle demeurait un quelconque espoir de promotion sociale est décrédibilisé par l’entretien des différences de positions occupées par les « héritiers ». Elle constituerait un accélérateur plus qu’un atténuateur des inégalités. La rigidité plus que la mobilité sociale semble se justifier au regard des faits sociaux. Même la réussite des enfants de classe populaire se heurte à la valorisation de leurs diplômes sur le marché du travail. La professionnalisation n’est en fin de compte qu’une activation du réseau sociale reléguant ceux qui en sont dépourvus, les enfants des classes populaires. Les quotas imposant 30 % d’élèves boursiers dans les grandes écoles ne semble être finalement qu’un nouvel éclat de  communication derrière laquelle se cache une impuissance à résoudre la priorité de la question sociale et de son équité. Après la justice sociale en question, vient la question de la justice civile. Est ce tout ? Hélas non ! 

Coopérations ou Compétitions internationales ? 

La vie politique ne se limite pas aux seuls éléments de contingences nationales. Au delà des frontières se jouent d’autres antagonismes tous aussi contraignants pour elle. Aux conséquences certaines.  La mondialisation qui intègre les économies à l’échelle de la planète impose une gouvernance mondiale que beaucoup attendent et que leurs opposants redoutent. De la société des nations à la construction des différentes institutions mondiales et des ONG, il se poursuit  une dilution du pouvoir et de la souveraineté des états. L’adhésion à des traités et les différents accords internationaux constituent de nouveaux cadres de  l’action : Le traité  de Maastricht pour les pays membres de l’UE impose aux politiques des contraintes budgétaires. Le principe de la nation la plus favorisée dans les échanges internationaux à ceux ayant adhérés à l’OMC, empêchent l’arbitraire et la discrimination entre les nations dans le domaine économique. Mais la construction est fragile. La ratification du traite de non prolifération limite quelque peu le stock officiel mondial d’armes nucléaires. Les règles acceptées par les acteurs ne se suffisent pas à elles-mêmes, l’absence d’institution politique d’envergure  mondiale marque les limites de l’ambition du bien économique commun. Dans ce jeu des acteurs, les gains des uns se traduisent par les pertes des autres 

 La concurrence demeure comme la force dominante dans les échanges entre  les différentes nations. La lutte contre le réchauffement climatique, contre la faim dans le monde ou le terrorisme sont autant de points de divergence qui incite à la prudence dans la croyance naïve à la collaboration. De même, les politiques fiscales de chaque pays se construit dans l’objectif de devenir le plus grand réservoir de la finance mondiale ou dans celui d’améliorer la compétitivité des entreprises nationales face à  la vague venue de l’empire du milieu avalant tout sur son passage. Le développement durable sous la contrainte économique restera- t- il un rêve inaccessible, une barrière infranchissable ? Finalement, sur quel horizon social, politique et économique poursuivre la  civilisation ? 

 

( 26 août, 2009 )

L’ILLUSION DE LIBERTE

En croyant choisir la personne avec la quelle nous faisons notre vie. En votant pour la femme ou l’homme politique, en organisant notre espace intérieur, ou en lisant notre  magasine ou notre livre, il semble s’exprimer une liberté de choix, de conscience et d’engagement. Mais cette liberté ne serait elle pas la conséquence d’inévitables forces qui nous échappent, nous gouvernent et  nous orientent malgré nous ?

 

L’individu est le produit de la société, de ses valeurs, de ses normes. Revendiquant avec force un individualisme l’homme, cet animal social,  ne peut s’empêcher d’être absorbé par les institutions qui ont déterminées son identité, ses croyances, sa façon d’appréhender le monde et  les perspectives de son existence même. La famille, l’école, le travail, la religion,  la télévision en particulier et les médias en générale ont façonné  la personnalité de l’individu  et continuent encore à agir sur lui. Le politique et l’économique usent de tous les artifices  pour convaincre l’électeur et le consommateur volatil, indécis et « libre ».Dans la théorie économique classique « l’homo oeconomicus »,  cet « homme arbitre » agit en toute rationalité, son projet étant de maximiser  ses profits et la fonction d’utilité du produit sa principale considération. En politique l’électeur opère de la même sorte. L’arbitrage entre les gains et les coûts pour diminuer les incertitudes se retrouve aussi comme élément exclusif du choix qu’il réalise.

 Les apports de Freud ont élargi le champ de réflexions des marchands de rêves et de valeurs ajoutées toujours plus grandes à des dimensions intérieures dépassant les frontières du conscient. L’offre est devenue créatrice de valeur. La simple fonction d’utilité ne suffit plus. Dans le produit, le consommateur y projette ses imaginations et ses croyances les plus inattendues. Comme le travail, la consommation structure l’identité sociale. A travers elle, nous achetons des positions sociales que  le monde nous  refuse. Tel que nous l’apercevons sur les écrans, dans la société. Le succès nous appartient aussi. Il est accessible en vitrine, ce n’est au fond qu’une question de pouvoir et d’achat. A travers lui, Il se manifeste la personne de qualité que nous projetons d’être, cet individu qui vient du plus profond de notre inconscient passant au révélateur de la caisse du magasin. Nous ne pouvons échapper aux champs des sirènes que les illusionnistes marchands nous chantent de jour comme de nuit. Dans le produit ou le service  le consommateur croit trouver le chemin des paradis artificiels, un bonheur accessible,  ignorant les forces invisibles qui le gouvernent malgré lui.

La consommation, ses mécanismes psychologiques, sociologiques comme conséquences de la fabrique institutionnelle nous dévoilent la source de nos actions. Les convictions religieuses n’échappent pas à l’analyse. Des forces invisibles, présentes opèrent de toutes leurs forces, subtilisant des actes que nous prétendons contrôler. Le temps nous plonge vers notre inexorable fin. Et dans La mort  qui scelle la conclusion de  notre histoire, se poursuivent des certitudes et des espoirs  dont l’issue se trouve dans l’immuable destin et les seuls mains de celui qui en est l’auteur. Le recul, l’analyse et la réflexion nous interrogent sur la motivation qui nous pousse dans ces directions inattendues, inespérées  parfois et regrettable la plus part du temps. Nous faisons de notre vie celle que l’on nous a transmise. Les forces sociales pèsent sur les représentations de la vie et de son terme ainsi que sur celles que nous nous faisons de nous même, des choses accessibles et celles qui ne le sont pas, du possible et de l’impossible. Les jardins accessibles et l’enfer des utopies.

L’amour ne résiste  pas non plus à la construction des attitudes et à l’attraction des rêves que les séries télévisées et la presse people opèrent sur nous. Les victimes des « love story»  se représentent  un idéal inaccessible, une création imaginaire de l’amour tel que l’on voudrait qu’il soit, tel qu’on nous le raconte et que nous aimerions tant qu’il se réalise. Nous attendons le prince charmant ou la femme fatale, dans l’espoir toujours lui, qu’ils nous arrachent de la  désespérance de notre vie solitaire. Dans la solitude nous nous réconfortons pourtant de l’absence d’une imaginaire mauvaise compagnie. Mieux vaut être seul.

Ainsi, l’homme est enfermé dans des pensées qui ne lui appartiennent plus totalement. Il est  piégé par des forces centrifuges dont il croit être le maitre, tant il est devenu l’esclave. La liberté est cloisonnée dans une aire qui dépasse mal l’horizon de nos cultures et de nos appréciations. Nous agissons  dans un champ aux limites qui sont les notre en prétendant les dépasser. La liberté n’est- elle pas comme tant d’autres mythes, une illusion nouvelle qui nous réconforte dans notre indépassable condition humaine ?

( 17 avril, 2009 )

Egalité des chances contre inégalités sociales

Dans son discours du 24 Mars le président de la république évoquait le principe de la méritocratie, de la chance donnée à tous de réussir conséquence de l’effort déployé par chacun .Le défenseur de la performance, de la liberté d’entreprendre et de la réussite ignore les multiples mécanismes à l’œuvre qui font ou empêche la réussite. Des forces discrètes jouent de toutes leurs forces dans la sélection naturelle de la jungle sociale, dans la lutte de tous contre tous. La formule consacrée par Pierre Bourdieu cite le capital culturel, économique et social comme principaux facteurs de réussite lorsqu’ils sont réunis et souvent de l’échec puisque pour beaucoup ils sont bien sûr absents.

 

Dans l’ouvrage, de Bihr et pfefferkorn paru aux éditions repère, consacré aux systèmes des inégalités, l’inégalité sociale est ainsi définie :

 

« L’inégalité sociale est le résultat d’une répartition inégale, au sens mathématiques de l’expression, entre les membres d’une société, des ressources de cette dernière, distribution inégale due aux structures mêmes de cette société et faisant naître un sentiment, légitime ou non, d’injustice au sein de ses membres. »

 

Il y a donc inégalité lorsqu’ une personne reçoit ou possède une quantité de ressources supérieure à celle reçue ou détenue par une autre. L’inégalité sociale couvre un large spectre, puisqu’en effet dans toutes les ressources de la société nous pouvons distinguer une distribution inégale (De revenu, De patrimoine, du temps libre, de la culture, de la politique). Parler de système d’inégalités permet de dépasser les frontières qui existent entre ses différentes dimensions. L’approche systémique met au grand jour les rapports qui existent, renforcent et amplifient les multiples inégalités, le système de production, l’école….

 

Réussir dans la vie, et encore plus dans celle qui vient passera vraisemblablement pas la réussite scolaire. Le stress grandissant des parents, projetant leur angoisse sur leurs enfants illustre assez ce futur probable. Tous les enfants ne sont pas égaux devant l’école. Le QI, l’effort ne sont que quelques aspects explicatifs parmi tant d’autres. Le capital culturel, économique et sociale sont les constituants d’un succès presque assuré par celui qui les possède. L’enseignement en effet dispense un savoir abstrait qui le rend difficilement assimilable pour une certaine catégorie de la population, souvent issue de l’immigration, laquelle est confrontée au phénomène d’acculturation. La réussite scolaire et les moyens de l’atteindre diffèrent donc dans leur échelle et leur stock selon l’origine et l’héritage social que l’individu a pu acquérir. La culture de la réussite, les stratégies mis en place sont certainement plus présents dans l’esprit des familles ayant une expérience plus longue de la scolarité et de la façon dont elles l’ont vécue et donc l’appréhende.il y a manifestement une culture, une attitude différente pour les populations issues de l’immigration face à l’école, mais il en existe également une dans la société elle même, dans les différentes classes sociales qui la composent. Pour cette raison et beaucoup d’autres, les inégalités sociales ne sont ni infrasociale (un ordre lié à l’individu lui-même ou plutôt à son comportement, son effort, son attitude), ni suprasociale (un ordre au dessus de la société, cosmologique, biologique). La responsabilité individuelle dans l’échec ou de la réussite ne se justifie donc pas à la lumière de la critique présente, même si on peut lui accorder une certaine vérité. Le malheur de la cigale qui n’engage que sa responsabilité reste cependant à modérer au regard de la sociologie. La manière de voir le monde, la culture, les attitudes sont le produit de différents mécanismes de socialisation (Famille, travail, télévision, école, religion,…) auxquels il est difficile de se soustraire. Ces expériences produisent des murs qui nous enferment ou des fenêtres à travers lesquelles nous percevons le monde et tout ce qui le constitue, chacun à notre manière, chacun d’une position différente. Chacune des personne qui compose la nation se fait une certaine idée de la réussite sociale elle même.

La reproduction (tels pères tels fils) et les rigidités dans la mobilité sociale justifient la mécanique impitoyable, cette roue de l’infortune à laquelle il est difficile d’échapper.

 

L’égalité des chances n’est qu’une illusion, un mythe, un facteur de motivation, un opium pour le peuple qui jette toute ses forces dans la lutte de la vie, pour la vie en oubliant qui lui manque tous les éléments nécessaires à son ascension sociale.

 

Aucun cynisme ne peut justifier les inégalités sociales. Les seules inégalités qui puissent être acceptables seraient sans doutes celles permettant de rétablir un certain équilibre dans la répartition des ressources de la société afin de restaurer une idée de la République volontairement égalitariste. Il reste beaucoup à faire !

( 17 mars, 2009 )

VERS UN AUTRE MONDE

L’effondrement du bloc soviétique a accompagné dans sa chute celui de la planification de l’économie par l’état. Le capitalisme, fondé sur la propriété privée et l’état de droit, s’est imposé comme modèle économique. Ce dernier est à l’origine de la création de richesse de nombreuses nations. Aux pays développés de l’Amérique du nord, de l’Europe et du Pacifique se sont joints les nouveaux pays industrialisés. Le laisser faire, laisser passer distribuant les ressources dans les activités créant des richesses s’est imposé comme principe d’allocation optimale. Manifestement la rationalité analysée par Max Weber comme facteur de progrès butent sur des limites ignorées. Le « système » n’a pu échapper à une réalité d’abord sociale. Les sciences, dépassent difficilement les horizons. Si elles expliquent les faits, elles les anticipent rarement. Le monde trop complexe, composition de dimensions multiples et infinies dépasse un rationalisme fini. Le vivo échappe au vitro et autres modélisations par lesquels nous voudrions le représenter.

 

Le fanatisme de marché triomphant a conduit inévitablement à des épreuves difficiles de l’histoire économique et sociale. Les mesures de régulations qui se sont succédées pour juguler la crise systémique que la mondialisation à dispersé aux quatre coins du globe, nécessitent une réponse plus globale. Les programmes de relance principalement destinés à l’appareil de production se révèlent impuissants face aux origines sans doute sous estimées de la crise.

 

L’état providence souvent remis en cause, source de coûts et réduisant la compétitivité des entreprises jouent un rôle d’amortisseur social incontestable dans la période actuelle. Malgré cette « réussite » sociale, la cohésion se fragile.la « moyennisation » de la société paraissait nous faire oublier l’éternelle lutte des classes.
La France d’en bas, et de plus en plus, revendique une répartition plus « équitable » du revenu. De
la Guadeloupe, en passant par
la Martinique et pour revenir en métropole les tensions se ravivent et les antagonismes prennent du relief. La fin du travail, la crise de l’éducation, la famille détruite ou en recomposition, l’extrémisme religieux participent à une improbable régulation sociale. L’inégalité des chances trop forte et injuste poussent à la faute des individus déclassés, à la recherche d’un possible emploi et à un bonheur qu’ils croient atteindre et qui leur échappe sans cesse. Le lien social se rompt peu à peu.

 

L’économie entraine dans sa chute toutes les illusions, tous les espoirs et pousse la politique dans les cordes. Confronté à la maitrise budgétaire le pouvoir parie sur un retour rapide de la croissance. Communication, pédagogie et autres cosmétiques sont les réponses récurrentes du gouvernement distancé par des exigences légitimes du peuple. Les manifestations qui se multiplient marquent la distance profonde entre les défenseurs du capital et ceux qui rejettent l’orthodoxie de la performance et du calcul.

 

Les faits multiples obligent à imaginer des mesures nouvelles. La crise, dit on est un accélérateur du changement. Il semble en effet que l’on soit projeté par une catapulte d’un paradigme vers un autre. Après la dimension sociale de l’économie, une dimension écologique prolongera-t-elle le cycle de vie du capitalisme ?

 

( 5 février, 2009 )

A la recherche du bonheur improbable

La croissance du Produit intérieur brut mesure d’une certaine manière la capacité d’une nation à satisfaire les besoins des individus qui la composent. Dans un monde aux ressources limitées, il est probable que la demande sans limites résultera sur de la frustration voir le conflit. A l’évidence, La création de richesse ne constitue pas le seul élément d’appréciation du bien être et la consommation de bien celui du bonheur. Nécessaire au développement, la croissance reste insuffisante. Elle doit être durable et partagée par tous. Le Programme des nations unies pour le développement (PNUD) consacrera à sa manière cette appréciation nouvelle de l’économie de la croissance et du développement.

La répartition inégalitaire des richesses produites par une économie ne s’inscrit donc pas dans le cadre du développement si elle rend les riches toujours plus riches et les pauvres moins « riches ». Le travail, principal source de revenu du plus grand nombre ne suffit plus en période de ralentissement économique pour le rattrapage et pour la lutte contre les inégalités. Les plus riches vivent sur le capital et ceux qui en sont dépourvus davantage sur le travail. Le ruissellement du haut vers le bas, du reaganisme et du thatchérisme des années 80 n’a pas eu lieu. Le retrait de l’interventionnisme de l’état et le retour du marché à caractérisé les écarts de revenus devenus plus grands entre les plus riches et les plus pauvres. Aux politiques de demande (augmentation du revenu par la redistribution) se sont succédé celles de l’offre (allègement de la pression fiscale sur le capital). Le chômage de masse est apparu accompagnant la rigueur budgétaire. Sur le marché de l’emploi, un phénomène nouveau est née au milieu des années 90 rendant improbable le bien être socio économique d’une certaine catégorie professionnelle : « The working poors ».

Pour tous ceux là, travailler ne permettra plus d’échapper à la pauvreté. Les mesures du haut commissaire aux solidarités actives seront elles efficaces pour lutter contre les trappes à pauvreté ? Réduiront elles le nombre des disqualifiés de l’emploi ?

Pour le politique d’aujourd’hui, l’exclusion serait la conséquence du manque de volonté d’une partie de la population, pas par l’insuffisance de postes à pourvoir. La situation vécue serait donc le résultat d’un choix personnel. Celui de plus d’un million d’exclus qui auraient préférés vivre sous perfusions sociales. Parmi eux il y aurait ceux ayant fait le choix de vivre dans la rue avec les cartons pour seules couvertures. Errant d’un lieu à un autre en cherchant dans les poubelles de quoi se nourrir. Ils auraient fait le choix de la mendicité à laquelle on accorde parfois quelques sous, mais à laquelle on refuse souvent la faveur.

Le pivot du RSA, prolongement du RMI, repose sur l’incitation : La reprise du travail ne doit pas se traduire par la perte de salaire. Mais la volonté de trouver un emploi ne suffit pas, la motivation a ses limites. Manifestement l’économie, nous l’avons déjà évoqué, exclue des profils formés dont elle n’a pas besoin. Dans la citation de crise actuelle et de bouleversement de valeurs, quels résultats attendre de l’incitation au travail ?

Le chômage qui dure participe à la rupture du lien sociale naissant de sources multiples. Une croyance généralement fausse accorde à la mondialisation la principale cause de la destruction d’emplois au profit des pays en voie de développement. C’est une représentation simpliste, comme celle d’ailleurs accordée à « la machine » destructrice d’emploi. Les nouvelles technologies, tout autant que la mondialisation détruisent des emplois tout en créant de nouveaux. L’intégration des économies est utile. David RICARDO justifiait le libre échange dans le prolongement d’A.SMITH car il permettait d’échapper à une économie stationnaire et à la fin de la croissance. Pour cet auteur de la fin du 18Eme début du 19Eme siècle, l’économie dans son développement se confronte aux limites géographiques (loi des rendements décroissants). La mondialisation acceptée comme intégration des économies à l’échelle planétaire dépassant le libre échange est donc utile. Le capitalisme sur lequel elle repose est cependant en crise. Dans l’histoire de celui ci, l’économie résiste difficilement aux spasmes, effets du passage d’un monde à un autre. L’économie des connaissances dans laquelle nous sommes entrés n’a pas encore pris le relais de l’ancienne, il en résulte le sous emploi et toutes ses conséquences. Dans l’avenir, les chocs se succèderont vraisemblablement. Les théories schumpetérienne qui expliquent les successions de cycles confirment la loi à laquelle il est difficile d’échapper. La régulation du capitalisme n’est finalement qu’une nouvelle branche à laquelle nous tentons désespérément de s’accrocher en attendant la suivante.

 

( 14 janvier, 2009 )

LA NOUVELLE GUERRE D’ISRAEL

Le conflit entre le mouvement Hamas et Israël dans la bande de Gaza se poursuit avec les crimes démesurés caractéristiques de la folie destructrice de l’état hébreux. Quel projet l’état juif poursuit-il ainsi ?

Devant l’incapacité du Fatah et d’Israël à trouver la paix, le mouvement Hamas s’est imposé comme alternative aux échecs successifs et à l’improbable paix.

Fondé par le cheikh Yassine, il y a une vingtaine d’année, le Hamas est le produit de nombreux faux calculs. Celui d’Israël tout d’abord, dont on peut soupçonner la volonté de constituer avec
la Palestine une véritable paix durable. Les Etats unis ensuite, principal médiateur après le retrait britannique, qui reste le marionnettiste de toute cette mise en scène. L’union européenne enfin qui très récemment a élargi sa coopération avec l’état Hébreux lorsque Sarkozy en assurait la présidence. Au même moment un blocus était en vigueur sur la bande de Gaza depuis près de 18 Mois pour sanctionner le Hamas de sa prise de contrôle forcée. C’est avant tout le sacrifice de près d’un et demi million de gazaouis que les mesures européennes et juives produisent. 80 % de la population de La bande Gaza dépend de l’aide extérieure, son économie est ruinée et 40 % de la population active est au chômage. En bombardant les écoles, les mosquées ce n’est pas le Hamas qu’Israël veut éradiquer. L’avenir économique et social déjà fébrile est aujourd’hui compromis par l’attaque israélienne.

Nous reprochons les attentats suicides du terrorisme. De la même sorte, nous condamnons l’armée israélienne dans sa guerre pour les crimes qu’elle opère actuellement. Les civiles sont abattus sous l’œil passif des organisations internationales et devant le conformisme d’un monde ou le téléspectateur est programmé à recevoir sans réaction la folie meurtrière comme s’il s’agissait d’une projection cinématographique, d’une nouvelle guerre des étoiles. Résigné et s’abandonnant au désespoir à la loi récurrente de l’injustice et du crime. Certes le conflit peut nous échapper et sembler lointain. Pourtant, dans un monde globalisé, en plus des marchandises et des biens qui circulent, les conflits également s’exportent. Les nombreuses guerres ouvertes contre le terrorisme « pour la démocratie et pour un monde libre » n’augure pas un monde plus sur, elles entretiennent la rupture et l’éloignement. Quels visages prendront les manifestations de soutien au peuple Palestiniens dans la perspective du prolongement du massacre perpétré par l’état juif ?

La démocratie est un mythe, et tous ses représentants nous illusionnent dans leurs politiques spectacles. Les organisations internationales à l’échelle globale représentent cette réalité. Insuffisamment représentative, ces institutions n’en sont pas plus crédibles. Le conseil de sécurité reste sclérosé par la domination des états unis.

Jamais les résolutions du conseil de sécurité n’ont été appliquées (résolution 242, Accords d’Oslo). Il y a du côté Israélien, une volonté manifeste d’occuper le Territoire, l’Etat emploi toute sa puissance de feu pour reconquérir. Le programme « échange de Paix » pour Israël contre « Terre » pour
la Palestine paraît de plus en plus incertain. Les Israéliens occupent aujourd’hui 70 % du territoire. Le départ de
la Bande de Gaza en 2005 n’à constitué qu’un simulacre, un écran de fumée. Une recolonisation était à l’œuvre en Cisjordanie et dans la ville de Jérusalem également. Sans cesse l’état Hébreux rejette la responsabilité sur la partie adverse, comme récemment sur le mouvement Hamas. Responsable, ce dernier aurait rompu la trêve en projetant des roquettes dans le sud d’Israël ayant emmené les parties au conflit que l’on connait. Dans la guerre qu’elle déclare au Hamas, l’issue reste improbable pour Tsahal.

Manifestement, le mouvement de résistance armée ne disparaitra pas. Le conflit le renforce. Les tentatives multiples de paix et de guerre ont imposées aux partis historiques, ce troisième acteur avec lequel il faudra certainement discuter. En arrière plan du conflit, les gains sont manifestes. Les élections prochaines israéliennes créditent de bonnes intentions de vote les candidats Ehoud Barack, ministre de
la Défense et Tzipi Livni en charge des affaires étrangères.

On manipule, on falsifie et l’on assassine. La guerre même impopulaire alimente les intérêts du politique. Dans l’histoire trop longue de cette injustice comment l’état hébreu peut-il prétendre poursuivre un projet pour la paix ?

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